Détox ayurvédique : pourquoi faire un Purva Karma à l’automne ?
Les jours raccourcissent, les températures commencent à baisser… L’automne se profile doucement.
Sauf qu'en septembre, avec l’effet ‘rentrée", nous repartons de plus belle, comme si la lenteur estivale n'avait été qu'une parenthèse que nous nous accordons une fois par an.
Les agendas se remplissent, les enfants reprennent l'école, les projets redémarrent, les e-mails s'accumulent.
Après quelques semaines passées à vivre un peu plus dehors, à prendre le temps, nous retrouvons rapidement un rythme effréné.
Si on ne prend pas le temps pour se posr, se reposer, le mois de septembre rythme souvent avec fatigue et/ou iritabilité.
Pourtant, autour de nous, la nature prend un chemin presque inverse. La lumière diminue, les feuilles changent de couleur puis tombent au gré du vent... Autour de nous la nature se prépare progressivement à l'hiver.
Oui, l'automne devrait être un mois où l’on change de rythme, de manière de manger, de bouger… pour aussi nous préparer doucement à l’hiver.
En ayurvéda, les changements de saison sont considérés comme des périodes de transition importantes. Elles demandent progressivement d'adapter notre alimentation, notre rythme et nos habitudes pour éviter de créer des déséquilibres internes.
C'est dans cet esprit que peut prendre place un Purva Karma d'automne : une période de préparation et de simplification qui permet de faire une transition plus consciente entre l'été et la saison froide.
Pourquoi l’automne est une période importante en ayurvéda ?
L'ayurvéda accorde une grande importance à ce que l'on appelle la Ritucharya: adapter nos mode de vie et notre l'alimentation aux saisons.
Le passage d'une saison à l'autre est appelé Ritusandhi, littéralement la « jonction entre les saisons ». Les textes ayurvédiques décrivent cette période comme un moment où l'on abandonne progressivement les habitudes de la saison précédente pour introduire celles de la saison suivante.
Cette idée est intéressante parce qu'elle nous éloigne d'une vision très moderne du changement de saison : celle où l'on passe brutalement d'un fonctionnement à un autre.
En ayurvéda, la transition est justement importante : on ne passe pas de l'été à l'automne du jour au lendemain mais plutôt, on accompagne le changement.
Que se passe-t-il entre l’été et l’automne selon l’ayurvéda ?
L’été et l’accumulation de Pitta
L'été est associé à des qualités de chaleur, d'intensité et de lumière. Lorsque ces qualités deviennent importantes, elles peuvent se traduire chez certaines personnes par une sensation de chaleur accrue, une irritabilité plus grande, un sommeil perturbé ou encore une sensation d'inflammation.
En ayurvéda, on parle alors d'une accumulation de Pitta, le dosha associé notamment aux éléments feu et eau.
Cela ne signifie évidemment pas que tout le monde va ressentir ces phénomènes de la même manière.
Par exemple, si vous êtes une personne qui a déjà beaucoup de « feu » en elle, l'été peut parfois accentuer cette tendance.
L'objectif n'est alors pas de lutter contre le corps ou de chercher à le « purifier » à tout prix. Il s'agit plutôt de laisser progressivement retomber l'intensité et d’ader le corps à évacuer la chaleur accumulée.
Puis l'automne apporte d'autres qualités
Avec l'automne arrivent progressivement le froid, la sécheresse et davantage de mouvement. On le voit sur les feuilles des arbres, dans le vent qui souffle et les fait voler.
Ces qualités sont associées à Vata.
C'est pourquoi l'automne demande un certain équilibre : il peut être intéressant d'accompagner ce qui reste de la chaleur de l'été sans pour autant adopter des pratiques trop déplétives qui risqueraient d'accentuer la sécheresse, l'irrégularité et l'agitation propres à Vata. Cette notion est essentielle et je la répète sans cesse pendant le programme.
Une détox ayurvédique d'automne n'est donc pas une cure de privation. C’est plutôt une recherche de simplification et de préparation du corps à la nouvelle saison.
Qu'est-ce que le Purva Karma ?
Le terme Purva Karma signifie littéralement « actions préliminaires ».
Dans la tradition du Panchakarma, le Purvakarma désigne les pratiques préparatoires qui précèdent les procédures principales de purification. Les recommandations et documents du Central Council for Research in Ayurvedic Sciences incluent notamment des pratiques comme snehana et svedana, ainsi que des mesures préparatoires visant notamment à soutenir la digestion et la préparation du corps.
Il est donc important de faire une distinction entre Purva Karma et Panchakarma.
Le Panchakarma est un ensemble de procédures thérapeutiques ayurvédiques qui ne devrait pas être réduit à une simple « détox maison ». Certaines de ces pratiques sont réalisées dans un cadre clinique, avec une évaluation et une supervision adaptées.
Le programme que je propose à l'automne n'est pas un Panchakarma.
Il s'inspire plutôt de l'esprit du Purva Karma : créer les conditions favorables pour ralentir, simplifier l'alimentation, soutenir la digestion et accompagner le changement de saison.
Cette distinction est importante.
Car le mot « détox » est aujourd'hui utilisé pour parler de beaucoup de choses différentes.
Et si une détox ne consistait pas à « éliminer des toxines » ?
C'est ici que la vision ayurvédique devient particulièrement intéressante. On parle beaucoup aujourd'hui de « toxines », de corps « encombré » et de cures destinées à nettoyer l'organisme.
L'ayurvéda possède effectivement la notion d'Ama, mais il serait réducteur de traduire simplement Ama par « toxines ». Ama est une notion traditionnelle plus subtile, liée notamment à ce qui n'a pas été correctement transformé ou digéré.
Pour comprendre cette idée, il faut parler d'Agni, le « feu » digestif et métabolique.
Lorsque Agni fonctionne de manière adéquate, l'alimentation peut être correctement transformée et assimilée. Lorsque cette transformation est perturbée, l'ayurvéda décrit différentes formes de déséquilibre et peut utiliser la notion d'Ama pour désigner ce qui reste insuffisamment transformé.
Cela ne correspond pas à une substance que l'on pourrait simplement mesurer dans une analyse médicale.
C'est une grille de lecture propre à l'ayurvéda.
Et elle invite à regarder autrement certaines sensations très ordinaires : lourdeur, digestion difficile, appétit irrégulier, sensation d'encombrement ou manque de clarté.
Mais il ne faudrait pas non plus tomber dans l'excès inverse et considérer que chaque fatigue, chaque langue chargée ou chaque ballonnement est nécessairement la preuve d'une accumulation d'Ama.
L'ayurvéda demande justement de regarder l'ensemble de la personne, son alimentation, son rythme, sa digestion, sa saison et son terrain.
Pourquoi faire une détox ayurvédique à l'automne ?
Parce que l'automne peut être un bon moment pour faire de la place.
Pas seulement dans l'assiette ;)
Le changement de saison peut devenir une occasion de revenir à quelques fondamentaux :
manger plus simplement ;
retrouver des horaires réguliers ;
privilégier des repas chauds et faciles à digérer ;
ralentir le rythme ;
dormir suffisamment ;
pratiquer un yoga adapté à son énergie ;
s'offrir davantage de temps sans stimulation ;
observer ce dont on a réellement besoin.
C'est une conception de la détox très différente de celle qui consiste à « réparer » les excès de l'été.
Il ne s'agit pas de punir le corps pour ce que vous avez mangé ou fait pendant les vacances.
Il s'agit de l'écouter et de l'accompagner dans son passage vers une autre saison.
Le kitchari, un outil traditionnel de simplification
Dans de nombreuses approches ayurvédiques, le kitchari occupe une place particulière dans les périodes de simplification alimentaire.
Cette préparation à base notamment de riz et de haricot mung dal peut être adaptée de nombreuses façons selon les besoins et la saison.
Son intérêt, dans le cadre d'une période courte, est notamment de proposer une alimentation simple, chaude et relativement facile à digérer.
Dans le Purva Karma d'automne que j’organise, la monodiète de kitchari peut être pratiquée pendant 3 ou 5 jours, selon la personne et selon ce qui lui convient.
L'objectif n'est pas de manger le moins possible. Au contraire. Il s'agit plutôt de réduire la complexité.
Quand les repas deviennent plus simples, il devient parfois plus facile d'observer sa digestion, son appétit, son énergie et ses sensations.
Et le kitchari n'a pas besoin d'être triste ou monotone ! Je propose notamment plusieurs recettes adaptées à l'automne, avec des variantes qui permettent de conserver une alimentation nourrissante et agréable.
Une détox d'automne ne devrait pas devenir une nouvelle performance
C'est probablement l'un des points les plus importants lorsque l'on s'adresse aux femmes de 40 ans et plus.
À cette période de la vie, beaucoup de femmes vivent déjà de nombreux changements.
La périménopause peut modifier le sommeil, l'énergie, le cycle, la température corporelle ou la manière dont on récupère.
À cela peuvent s'ajouter le travail, la famille, la charge mentale et parfois une fatigue accumulée depuis plusieurs années.
Alors ajouter une nouvelle liste de choses à « réussir » n'est pas forcément ce dont le corps a besoin.
Comme se lever à 5 heures, supprimer tous les aliments que l'on aime, boire des jus verts sans se soucier de la manière dont on les digère…. Et surtout culpabiliser si l'on n'a pas réussi à tout faire.
Ce n'est pas ma vision de l'ayurvéda.
L'automne peut être l'occasion de faire moins, mais avec davantage d'attention.
Quelques principes ayurvédiques pour accompagner l'automne
Retrouver de la régularité
Vata apprécie (ou n’apprécie pas) la régularité… Plus on est régulière dans nos rythme de repas, de sommeil… plus Vata diminue ;)
Cela ne signifie pas vivre selon un emploi du temps militaire. Mais quelques repères simples peuvent vraiment aider à créer une harmonie dans notre corps et notre mental.
Privilégier le chaud et le nourrissant
Lorsque les températures diminuent, les repas chauds deviennent naturellement plus agréables.
Les soupes, les légumes cuits, les céréales bien préparées, les épices adaptées et les plats mijotés peuvent progressivement retrouver leur place.
L'idée n'est pas de suivre une liste universelle d'aliments « autorisés ».
En ayurvéda, l'alimentation dépend aussi de la personne, de sa digestion, de son terrain et de la saison.
Faire de la place au repos
Le repos n'est pas l'opposé de la vitalité.
Il en fait partie.
L'automne peut être une bonne période pour remettre du silence dans les journées : moins d'écrans, moins de sollicitations, davantage de marche, de lecture, de respiration ou simplement quelques minutes sans rien faire.
Adapter sa pratique de yoga
Il n'est pas nécessaire d'arrêter de bouger à l'automne.
Mais la manière de pratiquer peut évoluer.
Une pratique qui soutient l'ancrage, la mobilité et la respiration peut être particulièrement intéressante lorsque Vata devient plus présent.
Et après un été marqué par la chaleur et l'activité, il peut aussi être bénéfique de laisser progressivement davantage de place aux pratiques calmes et restauratives.
Prendre soin de soi par le toucher
L'automassage à l'huile, ou Abhyanga, est une pratique traditionnelle importante dans l'approche ayurvédique.
Le toucher, la chaleur et la lenteur qu'il implique peuvent devenir un véritable rituel de transition vers l'automne.
Là encore, il ne s'agit pas de chercher un effet spectaculaire.
Parfois, prendre dix minutes pour masser son corps avec attention est simplement une manière de dire : je ralentis.
Mon Purva Karma d'automne : 10 jours pour ralentir
C'est dans cet esprit que j'ai créé mon Purva Karma d'automne.
Pendant 10 jours, je vous propose d'expérimenter une transition saisonnière guidée, sans chercher à transformer cette période en nouvelle performance.
Le programme comprend :
3 ou 5 jours de monodiète de kitchari, selon votre situation et vos besoins ;
des recettes d'automne pour vous accompagner avant, pendant et après la monodiète ;
3 rendez-vous en direct pour pratiquer et avancer ensemble ;
un espace où vous pouvez poser vos questions au quotidien et partager vos ressentis ;
des vidéos de pratiques ayurvédiques et de yoga spécialement choisies pour accompagner cette période ;
des pratiques que vous pourrez ensuite continuer à utiliser tout au long de l'automne.
L'objectif n'est pas de suivre un protocole parfait.
C'est plutôt de créer pendant quelques jours un peu plus d'ancrage, de calme et d'espace.
De ralentir suffisamment pour sentir ce qui a besoin d'être laissé derrière soi.
Et de faire de la place pour la saison qui arrive.
Ralentir. Faire moins de place au bruit ambiant et revenir à des choses simples, et qui nous nourrissent vraiment.